Semaine de la Critique 2017

Pour cette 56e édition de la Semaine de la Critique, Charles Tesson, délégué général, et son comité de sélection ont choisi : 11 longs métrages, 6 premiers films et 5 seconds issus des 1250 longs métrages visionnés. Tour d’horizon avec les commentaires de Charles Tesson.

Hors Compétition

En Ouverture, la Semaine de la Critique présente le nouveau film des cinéastes italiens Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, SICILIAN GHOST STORY, le mythe de Roméo et Juliette et celui de la mafia dans une Sicile d’aujourd’hui.  Salvo, le précèdent film des deux cinéastes avait obtenu le Grand Prix Nespresso de la Semaine de la Critique 2013.

Avec son premier long métrage PETIT PAYSAN, Hubert Charuel place sa caméra au cœur du monde paysan. Pierre, la trentaine, est agriculteur. Sa vie s’organise autour de sa ferme, ses vaches jusqu’au jour où la fatalité frappe. Un thriller porté par l’extraordinaire interprétation de Swann Arlaud dont l’intensité tient le spectateur en haleine. Profondément humain, parfois drôle, le film nous immerge dans le quotidien d’un métier en danger.

UNE VIE VIOLENTE, deuxième film de Thierry de Peretti, nous plonge dans la dimension politique et historique de la Corse. Un récit d’une grande puissance qui retrace le parcours édifiant de Stéphane, du radicalisme politique à la clandestinité jusqu’au bannissement de sa propre communauté. Un film de gangsters et de mafia remarquablement interprété par des comédiens pour la plupart non professionnels qui insufflent un réalisme bluffant.

Les 7 longs métrages de la compétition

LA FAMILIA, le premier film de Gustavo Rondón Córdova est un récit d’apprentissage et d’initiation captivant entre un père et son fils fuyant leur banlieue ultra dangereuse. Dans un climat de tension permanente, le père et le fils vont apprendre à se connaître au cours d’une déambulation urbaine dans un Caracas comme on ne l’a jamais vu. Une révélation, une œuvre poignante sur la transmission.

 LOS PERROS est le second long métrage de la réalisatrice chilienne, Marcela Said. Au travers d’un personnage féminin surprenant, imprévisible, le film règle ses comptes avec les vestiges de la dictature Pinochet et l’hypocrisie régnante. Courageux, dérangeant, audacieux, il confirme après L’été des poissons volants, tout le talent de la réalisatrice.

OH LUCY ! premier film de la réalisatrice japonaise Atsuko Hiranayagi, est une délicieuse comédie douce et amère, où les cœurs balancent entre le Japon et les Etats-Unis. Trois femmes japonaises, un ami américain et un ami japonais scellent ce voyage insolite. Le privilège de retrouver Josh Hartnett, des comédiennes merveilleuses et l’excellent Yakusho Kôji, l’interprète de L’Anguille d’Imamura, Palme d’or en 1997.

Avec son deuxième film, GABRIEL E A MONTANHA le réalisateur brésilien Fellipe Gamarano Barbosa filme, après Casa Grande, le voyage en Afrique d’un jeune idéaliste qui pense pouvoir changer le monde grâce à son engagement et son altruisme. Malgré la magie des paysages spectaculaires et des rencontres empreintes de générosité et d’humanité, Gabriel est aveuglé par le mythe de la pureté des origines, ses certitudes d’homme de la civilisation.

Après Grave, le film français de la compétition l’an passé, votre choix se porte à nouveau sur une jeune réalisatrice. AVA est un film merveilleusement solaire, sensuel, lyrique, qui mêle la douceur des sentiments à la fantaisie la plus joyeuse. Avec ce premier long métrage, Léa Mysius dresse le portrait de notre époque et d’une génération confrontée à la peur d’un avenir sombre. Incarnée par la fascinante Noée Abita, l’héroïne apprend à maîtriser ses démons, relever ses défis, rencontre l’amour et affronte la vie.

Pour la première fois de son histoire la Semaine de la Critique présente à la fois en compétition un documentaire et un film d’animation. Avec son premier long métrage TEHRAN TABOO (Téhéran Tabou), Ali Soozandeh dresse le tableau ahurissant et inimaginable de la vie à Téhéran, une ville où les libertés morales et sexuelles sont bannies. Le choix de l’animation offre la liberté d’explorer un Iran interdit. Profondément humaniste, le film dénonce avec tendresse et humour, l’hypocrisie et les contradictions d’un système.

MAKALA, deuxième long métrage documentaire d’Emmanuel Gras, remarqué avec Bovines, se situe au Congo, au coeur de la vie d’un homme entièrement dédiée à son métier et à sa famille. Ce récit d’accompagnement d’une ampleur bouleversante, magnifiquement restitué, redonne toute sa dimension à la valeur du travail et au sens de l’existence.

Comme l’an passé, vous avez conçu une séance spéciale dédiée aux courts métrages.

Le fil conducteur qui relie ces trois films pourrait être les fragments de désirs amoureux.

AFTER SCHOOL KNIFE FIGHT de Caroline Poggi et Jonathan Vinel trace l’histoire de jeunes adultes qui n’ont pas envie de se dire au revoir.

Carlos Conceiçao, dont le précédent court-métrage, Boa Noite Cinderela, était en compétition à la Semaine de la Critique en 2014, revient avec COELHO MAU (Mauvais Lapin) où les sortilèges de l’amour ne sont pas avares de fantaisie.

Yann Gonzalez, après son mémorable premier long métrage Les Rencontres d’après minuit présenté en séance spéciale à la Semaine de la Critique en 2014, nous berce avec LES ILES, un dédale érotique et amoureux avec le désir pour seul guide.

Séance de clôture

Autre temps fort de cette édition, le film de clôture est un long métrage cette année, une séance spéciale mettant à l’honneur l’amour du cinéma, avec un comédien mythique. Nous clôturerons cette 56e édition de la Semaine de la Critique avec BRIGSBY BEAR, savoureux premier film de l’américain Dave McCary, là où le retour en enfance est tapissé de rêves de cinéma. Avec humour et tendresse, le film conte les mésaventures d’un adolescent ayant grandi dans une bulle de cinéma, concoctée par son père, interprété par Mark Hamill, le héros de la saga Star Wars. Un beau film sur l’amour du cinéma et l’art de refuser de s’en défaire, par fidélité à ceux qui vous l’ont fait aimer.

Le jury de cette 56e édition est présidé par le réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho (Les bruits de Récif, Aquarius). Il sera entouré de Niels Schneider, Diana Bustamante Escobar, Hania Mroué et Eric Kohn. Ils décerneront le Grand Prix Nespresso, le Prix Révélation France 4 ainsi que le Prix Découverte Leica Cine du court métrage.

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