La sélection officielle du prochain Festival de Cannes semble dessiner, à première vue, d’étranges lignes de force. En compétition, plusieurs films abordent frontalement la maladie, l’homosexualité ou encore des récits teintés de fantastique — jusqu’à faire surgir, plus inattendu encore, quelques extraterrestres dans le paysage cannois. Des thématiques intimes, identitaires ou ouvertement métaphoriques qui traduisent peut-être une époque en quête de récits du corps, de la marginalité et de l’altérité.
Cette édition se distingue également par certains absents de marque : aucun cinéaste italien ne figure en compétition, une anomalie pour un festival historiquement lié au cinéma transalpin. Plus frappant encore, le recul des réalisateurs américains, longtemps piliers de la Croisette, désormais relégués à une présence plus discrète. À l’inverse, les coproductions françaises semblent omniprésentes, au point de devenir presque un passage obligé pour accéder à la sélection. Un tropisme hexagonal qui interroge autant qu’il confirme l’influence structurelle de la France dans l’économie du cinéma d’auteur mondial.
Film d’ouverture
La Vénus électrique de Pierre Salvatori (France) – Hors Compétition
Compétition
Fatherland / 1949 de Paweł Pawlikowski (Pologne – Allemagne – Italie – France)
Amarga Navidad / Autofiction de Pedro Almodovar (Espagne)
La Bola negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi (Espagne – France)
Coward de Lukas Dhont (Belgique – France – Pays-Bas)
Das Geträumte Abentueur / L’Aventure Rêvée de Valeska Grisebach (Allemagne – France)
El Ser Querido / L’Être Aimé de Rodrigo Sorogoyen (Espagne – France)
Fjord de Cristian Mungiu (Roumanie – Norvège – Suède – Finlande – Danemark – France)
Garance de Jeanne Herry (France)
Gentle Monster de Marie Kreutzer (Autriche – Allemagne – France)
Hako no Naka no Hitsuji / Sheep in the Box de Hirokazu Kore-eda (Japon)
Histoires de la nuit de Léa Mysius (France)
Histoires Parallèles de Asghar Farhadi (France – Italie – Belgique)
Hopeu / Hope de Na Hong-jin (Corée du Sud)
L’Inconnue de Arthur Harari (France)
Minotaure de Andreï Zviaguintsev (France – Allemagne – Lettonie)
Moulin de László Nemes (France)
Notre Salut de Emmanuel Marre (France – Belgique)
Paper Tiger de James Gray (États-Unis)
Nagi Notes / Quelques Jours à Nagi de Kōji Fukada (Japon – France)
Soudain de Ryūsuke Hamaguchi (France – Japon – Allemagne – Belgique)
The Man I Love de Ira Sachs (Etats-Unis – France)
La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet (France).
