Shaun le mouton : La Bêêête d’Halloween – Steve Cox & Matthew Walker

Le début

Shaun et les autres moutons de la ferme préparent en secret la fête d’Halloween. Mais la maladresse du fermier réduit leurs efforts à néant : toutes les citrouilles destinées à la soirée sont détruites. Que faire ? Shaun découvre alors un livre de chimie une formule qui pourrait lui permettre de leur redonner vie. Mais l’apprenti chimiste ne tarde pas à être dépassé par les effets du sérum qu’il a mis au point…

Le film

Shaun le mouton : La Bêêête d’Halloween est une nouvelle petite perle en stop-motion des studios Aardman. C’est un réel plaisir de retrouver tous les personnages de la ferme autour de Shaun le mouton et de son fidèle compagnon, le chien Bitzer. À l’image de Wallace et Gromit : Le Mystère du lapin-garou (2005), cette aventure de Shaun emprunte à l’univers du fantastique et du cinéma d’horreur pour composer une comédie irrésistiblement drôle, riche en gags et en clins d’œil. Le film joue avec les références et la mémoire cinéphilique du spectateur. Le fermier se transforme ainsi en une bête gigantesque recouverte de poils. S’ensuit une aventure mouvementée à travers les champs et la ville, dans l’effervescence de la veille d’Halloween. Le sérum à l’origine de cette transformation évoque Re-Animator (Stuart Gordon, 1985), mais c’est surtout Frankenstein (James Whale, 1931) qui fournit la trame de cette histoire jusqu’à son dénouement. De-ci de-là surgissent également des références à Psychose (Alfred Hitchcock, 1960), à Shining (Stanley Kubrick, 1980)et à tout un bestiaire de monstres qui peuplent depuis longtemps la mémoire collective.

Shaun le mouton : La Bêêête d’Halloween est une véritable réussite scénaristique. Sans la moindre parole, le film développe une histoire où abondent les gags, dans la grande tradition du slapstick popularisé par Mack Sennett aux débuts du cinéma. Le rire ne retombe jamais, tant les scénaristes, Mark Burton et Giles Pilbrow, s’ingénient à surprendre le spectateur. Chaque gag surgit là où on ne l’attend pas, ou prend une tournure totalement inattendue. Cette qualité d’écriture ne serait rien sans l’excellence de la réalisation. Le film est coréalisé par Steve Cox, qui s’était jusque-là spécialisé dans l’animation des personnages, et Matthew Walker, déjà réalisateur de plusieurs épisodes de Shaun le mouton pour la télévision.

La mise en scène adopte un rythme qui laisse à chaque action le temps de se développer dans le plan. Ce choix permet au spectateur, parfois sans même qu’il en ait conscience, d’apprécier toute la beauté des images. Le travail sur la lumière de l’automne est particulièrement remarquable : chaque plan devient un véritable petit tableau. Ce soin apporté aux moindres détails témoigne d’un goût certain pour la composition visuelle et la beauté plastique.

On imagine difficilement l’immense travail que représente la réalisation de ce nouvel opus de Shaun le mouton. Tout est façonné à la main et il faut en moyenne une semaine à chaque animateur pour venir à bout de huit secondes de film. Pourtant, rien ne transparaît à l’écran, tant tout semble simple, fluide et naturel. On remarque à peine que l’animation du fermier transformé en Bigfoot a dû représenter un véritable casse-tête, notamment pour donner vie à tous ses poils ! Tout ce travail reste invisible, car le plaisir du spectateur prime. Il faut reconnaître aux studios Aardman un savoir-faire presque unique dans le domaine de l’animation de personnages en volume.

Shaun le mouton : La Bêêête d’Halloween est une nouvelle démonstration de l’immense talent artisanal des studios Aardman : faire de la virtuosité technique un art de la simplicité et du pur plaisir cinématographique. Vivement la prochaine aventure…

Fernand Garcia

Shaun le mouton : La Bêêête d’Halloween (Shaun the Sheep : The Best of Mossy Bottom), un film de Steve Cox & Matthew Walker. Scénario : Mark Burton et Giles Pilbrow. Image : Charles Copping. Musique : Natalie Holt. FX : Owen Revell. Producteurs exécutifs : Peter Lord, Nick Park, Sarah Cox, Andrew Orr, Carla Shelley et Julia Stuart. Producteur : Richard Beek. Production : Aardman Animations – StudioCanal Films – Canal + – Sky. Distribution (France) : StudioCanal (Sortie le 21 octobre 2026). Royaume-Uni – France – États-Unis. 2026. 1h21. Couleur. Dolby Atmos. Tous Publics.