The Mastermind – Kelly Reichardt

Massachussetts, 1970. Père de famille en quête d’un nouveau souffle, Mooney décide de se reconvertir dans le trafic d’œuvres d’art. Avec deux complices, il s’introduit dans un musée et dérobe des tableaux. Mais la réalité le rattrape : écouler les œuvres s’avère bien plus compliqué que les voler. Traqué, Mooney entame alors une cavale sans retour.

Cinéaste hors norme dans le paysage cinématographique contemporain, depuis ses débuts avec River of Grass en 1994, Kelly Reichardt se distingue par un cinéma minimaliste et profondément ancré dans les vies de personnages ordinaires. Ses œuvres précédentes, Old Joy (2006), La Dernière Piste (Meek’s Cutoff, 2010), Night Moves (2013), Certaines Femmes (Certain Women, 2016), First Cow (2020) et Showing Up (2022), témoignent d’un intérêt constant de la cinéaste pour le quotidien et le silence accompagné d’une temporalité souvent opposée à l’accélération effrénée du cinéma mainstream. Cette fidélité à une esthétique contemplative et à un rythme lent mais chargé de sens se retrouve pleinement dans The Mastermind. Si le film intègre un genre narratif identifié (le film de casse), c’est pour mieux en déconstruire les codes en profondeur, en centrant le récit sur la personnalité et l’intériorité du protagoniste plutôt que sur l’ingéniosité du braquage. Avec The Mastermind, Kelly Reichardt ne cherche pas à reproduire la forme classique des films de braquage mais à montrer les conséquences humaines qu’entraine le délit. Dès son titre ironique, The Mastermind, l’intention de la cinéaste de détourner le genre, devient une invitation à explorer les limites d’un individu qui n’est pas un génie du crime, mais un homme désorienté par le quotidien de sa propre vie, un homme qui pense qu’il mérite mieux.

« Dans les années 90, j’avais envie de faire un film de casse en Super-8. L’idée mijotait en moi depuis longtemps. Il y a quelques années, j’ai lu un article sur le cinquantième anniversaire de ce cambriolage d’œuvres d’art au Worcester Art Museum dans le Massachusetts, où des adolescentes ont été embringuées dans le coup. L’idée m’a amusée et a germé en moi. » Kelly Reichardt.

A première vue, The Mastermind se présente comme un film de braquage. Situé dans le Massachusetts des années 1970, le film raconte l’histoire de James Blaine « JB » Mooney, un homme qui a perdu son chemin et qui, pour aller de l’avant, élabore un plan pour voler des œuvres d’art dans un musée local. Mais, comme souvent chez Kelly Reichardt, la surface narrative n’est que le point d’entrée d’une construction cinématographique bien plus complexe. En effet, il s’agit moins ici de l’exécution d’un crime que de l’exploration des désillusions individuelles et sociales à une époque charnière de l’histoire américaine. Reichardt réinvente le schéma classique du film de braquage, genre souvent dominé par la tension, l’ingéniosité et l’action, pour en faire le portrait introspectif et lent d’un homme dépassé par ses propres aspirations et par les tumultes d’une nation en crise, pour en faire une méditation contemplative sur l’identité, l’échec et la vie ordinaire face au mythe du « mastermind ».

Si le film suit une structure narrative apparemment « simple » avec l’idée du vol, la préparation approximative, l’exécution maladroite, puis la désagrégation progressive du plan et de la vie de Mooney, dès les premières scènes, Reichardt installe une atmosphère très différente du récit de casse conventionnel. Le film débute par une séquence presque documentaire du quotidien de la vie familiale de « JB » avec une attention particulière portée sur les petits gestes, les tâches domestiques et les silences qui dessinent un homme décalé, sans grande direction précise. Filmée sans frénésie, presque comme une banale distraction, la première petite escroquerie dans le musée intervient comme un moment révélateur de ses désirs latents d’évasion. Presque antithétique à ce que l’on peut attendre d’un film de genre, le braquage lui-même manque volontairement de tension dramatique classique. Plutôt que de créer un suspense, Reichardt préfère nous faire sentir l’improvisation, l’incompétence et la vacuité du plan. Ce choix d’écriture narrative met en lumière un déclin intérieur plutôt que l’escalade d’une tension extérieure. Après le vol, l’intrigue se multiplie. On va aussi bien être témoin d’une chasse à l’homme que des réactions familiales ou encore, de la solitude et des moments d’errance où « JB » se retrouve confronté à son propre échec et à l’incompréhension du monde. The Mastermind est un film sur l’après, un film de basculement.

L’un des principaux enjeux du film est la rencontre entre un individu désorienté et un contexte historique instable. Ancré dans une banlieue endormie de la Nouvelle-Angleterre, The Mastermind est une étude de caractère sur le personnage de James Blaine Mooney et les différents cercles (famille, amis…) qui l’entourent. Le Massachusetts des années 1970 est une période de protestations contre la guerre du Vietnam, de luttes sociales, et de remise en question des valeurs traditionnelles. Ne sachant plus quelles actions seraient réellement significatives, Mooney tente de se définir à travers un acte extrême. Ce dernier apparaît alors comme le produit d’une époque confuse. Sa tentative de vol, puis sa fuite hasardeuse, rejoignent une atmosphère collective d’incertitude. L’homme et la nation qu’il habite semblent tous deux perdus dans leurs propres ambitions et déconnexions. L’échec, l’identité et l’époque sont les principales thématiques que développe la cinéaste dans le film.

« Le film change plusieurs fois de ton. Le choix des acteurs s’est concentré en grande partie sur cette envie de saisir ces différentes tonalités, ces styles de jeu, pour qu’ils s’entremêlent et fonctionnent bien ensemble. » Kelly Reichardt.

Le comédien Josh O’Connor, que l’on a pu voir entre autres à l’affiche de The Riot Club (2014), The Program (2015), Seule la Terre (God’s Own Country, 2017), Challengers (2024), La Chimère (La Chimera, 2023), Entre les lignes (Mothering Sunday, 2023) ou encore Rebuilding (2025), incarne James Blaine « JB » Mooney avec une sobriété qui épouse parfaitement la vision de la réalisatrice. Dans la tradition des personnages de Georges Simenon, « JB » n’est ni un héros flamboyant ni un anti-héros caricatural, mais un homme dont les désirs et les illusions apparaissent à travers de petits gestes, des hésitations, des silences et une certaine « nullité » élégante. O’Connor réussit à rendre crédible la déchéance d’un personnage qui, contre toute évidence, croit pouvoir s’élever par une action illégitime, sans jamais susciter de jugement moral. Plutôt que d’admirer son plan ou de le condamner, le spectateur est invité à partager la vulnérabilité de « JB ». Ni totalement marginal, ni véritablement intégré, « JB » est pris dans une zone intermédiaire, celle d’une classe moyenne en décomposition, dont les promesses d’ascension sociale ne fonctionnent plus. Son geste criminel n’est pas motivé par la cupidité pure, mais par une tentative désespérée de reconfigurer sa place dans le monde. Une tentative qui, chez Reichardt, ne peut qu’échouer, précisément parce qu’elle s’inscrit dans un système structurellement verrouillé.

Déjà à l’affiche de Licorice Pizza (2021) et Une Bataille après l’autre (2025) réalisés par Paul Thomas Anderson, la comédienne Alana Haim interprète ici le personnage central de Terri Mooney, l’épouse de « JB », qui apporte une stabilité émotionnelle et une absence de jugement explicite face aux errances de son mari. Terri est une femme à la fois fatiguée, amoureuse et déçue. Discret, tout en nuances, son jeu montre une femme qui porte en elle des tensions silencieuses. Dans le rôle de Fred, on retrouve le comédien John Magaro que la cinéaste a déjà dirigé dans First Cow (2020) et Showing Up (2022). Ami de « JB », le personnage de Fred souligne la divergence entre celui qui a choisi une existence plus paisible et celui qui s’accroche à des illusions plus grandes que lui.

Dans le rôle de Sarah Mooney, la mère de « JB », on retrouve la comédienne Hope Davis que l’on a pu voir entre autres à l’affiche de Kiss of Death (1995) de Barbet Schroeder, En route vers Manhattan (The Daytrippers, 1996) de Greg Mottola, Monsieur Schmidt (About Schmidt, 2002) d’Alexander Payne, ou encore Asteroid City (2023) et The Phoenician Scheme (2025) réalisés par Wes Anderson. Son interprétation offre une tendresse inquiète à son personnage. Le personnage de Bill Mooney, le père de « JB » est interprété par le comédien Bill Camp, à l’affiche entre autres de films comme Le Mystère von Bülow (Reversal of Fortune, 1990) de Barbet Schroeder, In & Out (1997) de Frank Oz, Public Enemies (2009) de Michael Mann, Tamara Drewe (2010) de Stephen Frears, Lincoln (2012) de Steven Spielberg, Birdman (2014) d’Alejandro Gonzalez Iñarritu ou encore Mise à Mort du Cerf Sacré (The Killing of a Sacred Deer, 2017) de Yorgos Lanthimos. Désapprouvant sans trop comprendre, son personnage incarne la figure d’autorité morale traditionnelle, ce qui vient mettre en relief dans le film les contrastes familiaux et générationnels.

Le scénario de Kelly Reichardt se caractérise par un rythme dilaté qui privilégie des moments de quotidienneté et des détails apparemment anecdotiques mais toujours porteurs de sens. Sobre, la mise en scène transforme chaque plan en une interaction subtile entre personnage et environnement. Reichardt utilise des plans fixes et des mouvements de caméra minimalistes pour inviter le spectateur à observer les personnages plutôt que de l’entraîner dans une manipulation narrative artificielle. Avec ses plans de repas, de trajets en bus ou de gestes répétitifs, la cinéaste fait le choix de l’esthétique de l’ordinaire.

« Christopher (Blauvelt) et moi, il y a des années, avons eu la chance de voir ensemble sur grand écran Fat City (1972) de John Huston. Je crois que ce film a façonné notre identité. Et comme beaucoup de gens de ma génération, impossible d’échapper à l’influence de photographes tels que Stephen Shore et William Eggleston. » Kelly Reichardt.

Le style visuel du film est inspiré des films des années 70 du chef opérateur néerlandais Robby Müller, notamment des couleurs en demi-teinte et des tons marron de L’Ami Américain (Der amerikanische Freund, 1977) de Wim Wenders. Signée par le chef opérateur Christopher Blauvelt qui a déjà collaboré avec Kelly Reichardt sur La Dernière Piste (Meek’s Cutoff, 2011), Night Moves (2014), Certaines Femmes (Certain Women, 2016), First Cow (2020) et Showing Up (2022), et à qui l’on doit entre autres également la photographie de films comme The Bling Ring (2013) de Sofia Coppola et 90’s (Mid90s, 2019) de Jonah Hill, la photographie de The Mastermind contribue à plonger le film dans une atmosphère historiquement évocatrice. Avec ses tons terre, sa lumière naturelle tamisée et son grain, la palette de couleurs du film évoque une nostalgie des années 1970 sans jamais basculer dans une esthétique faussement rétro. Les noirs profonds des scènes de nuit permettant des mouvements de caméra fluides et une finesse du détail, au fil du film, la lumière du jour laisse la place à des tons plus sombres reflétant l’isolement grandissant de Mooney. Chaque plan apparaît comme une peinture silencieuse, où la composition et la lumière jouent des rôles essentiels venant renforcer l’intériorité des personnages.

Conçus par Anthony Gasparro, à qui l’on doit déjà les décors entre autres de films comme Kinds of Kindness (2024) de Yorgos Lanthimos ou Materialists (2025) de Celine Song et qui, lui aussi, a déjà travaillé avec la réalisatrice sur Certaines Femmes, First Cow et Showing Up, recréant un univers matériel où chaque objet (meubles, vêtements, musées, voitures) participe à la crédibilité socio-historique du film, les décors de The Mastermind renforcent l’immersion temporelle du spectateur. Son incroyable reconstitution du monde ouvrier et suburbain des années 1970 permet au spectateur de « ressentir » la texture des lieux comme celle des vies ordinaires qui se jouent sous ses yeux. Composée par Rob Mazurek, compositeur, cornettiste et artiste visuel américain, figure essentielle de la scène jazz aussi bien qu’expérimentale de Chicago, la musique du film joue ici un rôle délicat mais déterminant. Plutôt que d’imposer un leitmotiv spectaculaire, tournée vers l’intériorité et en phase avec le ton contemplatif du film, la musique infuse ce dernier d’une tonalité jazzy, introspective et parfois ironique.

Au travers de ses thématiques (figures de l’échec, identité, époque…), The Mastermind s’inscrit avec une remarquable cohérence dans l’ensemble de la filmographie de Kelly Reichardt, dont il prolonge les interrogations centrales tout en les déplaçant vers un nouveau terrain. Depuis Old Joy jusqu’à Showing Up, Reichardt n’a cessé de filmer des personnages en décalage avec les structures économiques, sociales et symboliques de leur temps. Le personnage de James Blaine Mooney rejoint donc une galerie de figures marquées par une inadéquation profonde entre leurs désirs intimes et les logiques du monde qui les entoure. The Mastermind opère donc une synthèse de ces perspectives.

La comparaison avec Night Moves est particulièrement parlante. Dans ce film, Reichardt suivait des militants écologistes préparant un sabotage industriel. Là encore, la structure narrative empruntait au film de genre (le thriller politique), pour mieux en déconstruire les attentes. Toutefois, une différence essentielle sépare les deux œuvres. Dans Night Moves, l’acte criminel est motivé par une idéologie explicite qui motive les personnages à agir contre un système perçu comme destructeur. Le film analysait alors les conséquences morales et psychologiques de l’engagement radical. Dans The Mastermind, au contraire, l’idéologie est absente ou du moins diffuse. JB Mooney ne cherche pas à dénoncer un ordre injuste mais agit par « désorientation existentielle », du fait de son impossibilité de conscientiser les problèmes politiques, sociaux et culturels qui se posent à lui et pourraient donner sens à son malaise. La cinéaste suggère ainsi qu’au début des années 1970, malgré les luttes collectives intenses, incapables de transformer leur frustration en projet collectif, certains individus restaient à la marge de la contestation. Là où Night Moves interrogeait les limites de l’action politique, The Mastermind explore les ravages que peut provoquer l’absence de projet chez l’individu. Le vide symbolique qui habite JB Mooney permet à la cinéaste de transformer le crime en simple errance.

Centré sur une artiste plasticienne confrontée à la difficulté de créer dans un environnement matériel et relationnel contraignant, Showing Up, partage une réflexion profonde avec The Mastermind sur le rapport entre travail, reconnaissance et identité. Là où dans Showing Up, le travail artistique est montré comme un processus lent, fragile, constamment menacé par les aléas du quotidien, mais où l’artiste persiste malgré tout dans son activité, dans The Mastermind, « JB », lui, abandonne progressivement le travail comme espace de sens. Le vol d’œuvres d’art prend alors une puissante dimension symbolique. Pour « JB » il ne s’agit pas seulement de s’approprier une valeur marchande, mais de s’emparer d’un prestige culturel auquel il n’a jamais eu accès. Reichardt met ainsi en tension deux formes de rapport à l’art : la création patiente et modeste, et l’appropriation illusoire, rapide et violente. Cette opposition éclaire la dimension tragique du personnage, incapable de trouver une forme de reconnaissance sans qu’elle ne passe par la transgression.

Comme dans Certaines Femmes, Reichardt accorde ici une attention minutieuse aux espaces sociaux et à la manière dont ils conditionnent les relations humaines. Dans les deux films, les personnages évoluent dans des lieux, bureaux administratifs, maisons familiales, routes secondaires ou encore espaces publics anonymes, qui semblent à la fois familiers et profondément inhospitaliers. Dans The Mastermind, le Massachusetts n’est jamais filmé comme un décor pittoresque mais comme un espace fonctionnel, traversé de routines, de contraintes économiques et de silences pesants. La communauté n’offre pas de refuge réel. Elle est soit indifférente, soit normative. Cette vision rejoint donc celle de Certaines Femmes, où les personnages féminins se heurtaient à des structures sociales rigides, incapables d’accueillir leurs aspirations singulières. La famille Mooney constitue ainsi un microcosme révélateur. Avec le père juge, la mère inquiète et l’épouse pragmatique, chacun représente une forme d’adaptation au réel face à laquelle « JB » apparaît comme un corps étranger. Caractéristique de son cinéma, Kelly Reichardt ne dramatise jamais frontalement ce conflit préférant le laisser émerger à travers des scènes quotidiennes, des regards ou des silences.

Sur le plan formel, The Mastermind apparaît comme l’un des films les plus aboutis de la cinéaste dans sa capacité à conjuguer épure esthétique et complexité narrative. Si La Dernière Piste explorait déjà un usage radical du hors-champ et de la durée, The Mastermind applique ces principes à un cadre narratif plus accessible, tout en refusant la facilité du « spectaculaire ». Cette maîtrise singulière se manifeste ici notamment dans le traitement du suspense : là où un film de casse classique multiplierait les montages alternés et les effets de tension par la musique, Reichardt privilégie une neutralité presque clinique, une neutralité qui laisse le spectateur face à l’absurdité tranquille de l’entreprise criminelle. Comme le braquage n’est ni exalté ni mythifié, ce choix formel vient renforcer la portée critique du film.

The Mastermind est un film exigeant qui privilégie le dévoilement progressif des personnages, des atmosphères et des émotions, aux artifices narratifs ou spectaculaires. À la lumière de l’ensemble de la filmographie de Kelly Reichardt, The Mastermind apparaît comme une œuvre-charnière, à la fois synthèse et déplacement. Synthèse, parce qu’il concentre les motifs majeurs de son cinéma que sont l’échec, la marginalité, le rapport au travail, la temporalité lente ou encore l’attention aux gestes ordinaires. Déplacement, parce qu’il investit frontalement un genre codifié pour en révéler les portées idéologiques et existentiels.

The Mastermind est une exploration audacieuse des contradictions humaines et sociales. Le film se distingue surtout par sa précision formelle et sa remarquable intégrité artistique. La mise en scène est réfléchie, l’esthétique est subtile, les performances des acteurs sont sensibles et le propos dépasse largement la simple intrigue de braquage pour aussi bien questionner l’histoire des Etats-Unis que la condition humaine au travers des illusions individuelles et collectives. Si besoin en était, The Mastermind confirme que Reichardt est l’une des cinéastes contemporaines les plus singulières, rigoureuses et les plus cohérentes dans son projet artistique. Une lueur d’espoir pour l’avenir du cinéma indépendant américain.

Steve Le Nedelec


©2025_Photo-by-Ryan-Sweeney_Mastermind-Movie-Inc

The Mastermind, un film de Kelly Reichardt avec Josh O’Connor, Alana Haim, John Magaro, Hope Davis, Bill Camp, Gaby Hoffmann… Scénario : Kelly Reichardt. Directeur de la photographie : Christopher Blauvet. Décors : Anthony Gasparro. Son : Ryan Billia, Daniel Timmons. Montage : Kelly Reichardt. Musique : Rob Mazurek. Producteurs : Neil Kopp, Vincent Savini, Anish Savjavni. Production : Film Science – Mubi – Mastermind Movie Inc. Distribution (France) : Condor Distribution (Sortie le 4 février 2026). États-Unis – Royaume-Uni. 2025. 1h50. Couleur. Format image : 1.66:1. Sélection Officielle – Compétition – Festival de Cannes, 2026. Tous Publics