Debra Winger 1/2 – Festival de la Cinémathèque, 2026

Section « Debra Winger » partie 1/2 :

Invitée du Festival cette année, l’actrice américaine Debra Winger, incarnation féministe du star system hollywoodien, sera à l’honneur et présente à la Cinémathèque française pour rencontrer et parler cinéma avec son public. Avec six films de l’actrice à (re)découvrir sur grand écran et pas moins de deux « dialogues » en sa compagnie, la Section « Debra Winger » propose un hommage à l’actrice qui, face aux plus grands, a su s’imposer sur les écrans du cinéma américain des années 1980.

Née le 16 mai 1955 à Cleveland (Ohio, États‑Unis), Debra Winger est une actrice américaine dont la carrière s’étend sur plus de quatre décennies et se singularise par des interprétations marquantes à la fois dans des œuvres grand public et des films d’auteur. Après des débuts discrets à la fin des années 1970, elle s’impose très vite comme une figure forte du cinéma hollywoodien des années 1980, en incarnant des femmes complexes confrontées aux enjeux émotionnels et sociaux de leur époque.

Après des études en sociologie et un accident qui l’a paralysée et rendue aveugle pendant plusieurs mois, Debra Winger décide de profiter de la vie et de devenir actrice. Elle débute à l’écran dans de petits rôles à la télévision, un film érotique, Slumber Party’57, (1976) de William A. Levey, le rôle récurent de Drusilla dans la série Wonder Woman (1976-1977), puis dans Dieu merci c’est vendredi (Thank God It’s Friday, 1978) de Robert Klane avec Jeff Goldblum ou encore French Postcards (1979) de Willard Huyck, avant de s’inviter et de se révéler, dès la fin des années 70, aux côtés de John Travolta et Scott Glenn dans Urban Cowboy (1980) de James Bridges, un drame social explorant la culture des cowboys « honky‑tonks » texans, ou de Nick Nolte dans Rue de la sardine (Cannery Row, 1982) de David S. Ward, d’après Steinbeck

Dès lors, Debra Winger connaît une ascension rapide. Elle s’affirme et s’impose ensuite comme figure féminine forte du cinéma américain auprès d’autres prestigieuses stars masculines de l’époque, comme Richard Gere, dans Officier et Gentleman (1982) de Taylor Hackford, où son interprétation de Paula Pokrifki lui vaut l’attention critique et publique, puis, l’année suivante, Jack Nicholson, dans Tendres Passions (1983) de James L. Brooks, avec également Shirley MacLaine. Deux films et deux rôles qui lui permettront d’atteindre une reconnaissance internationale et qui confirmeront son statut d’actrice de premier plan.

En 1984, elle retrouve le réalisateur James Bridges pour le film Mike’s Murder. Elle donne ensuite la réplique à Robert Redford dans L’Affaire Chelsea Deardon (1986), une comédie policière réalisée par Ivan Reitman, à Samy Frey dans La Veuve noire (1987), un thriller de Bob Rafelson, ou à Tom Berenger dans La Main droite du diable (1988), un thriller politique de Costa-Gavras. Autant de rôles dans lesquels l’actrice déploie une palette d’interprétations allant du thriller au drame romantique.

Dans les années 1990, Winger s’illustre aussi bien dans des films d’auteur et dramatiques que dans la comédie. Elle est à l’affiche, aux côtés de John Malkovich, d’Un Thé au Sahara (1990) de Bernardo Bertolucci. Elle retrouve Nick Nolte dans Chacun sa chance (1990) de Karel Reisz. Donne la réplique à Steve Martin dans la comédie dramatique En toute bonne foi (1992) de Richard Pearce, à Dennis Quaid dans Mise à feu (1993) de Glenn Gordon Caron, ou encore à Anthony Hopkins dans Les Ombres du cœur (1993) de Richard Attenborough, film pour lequel elle reçoit une troisième nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. En 1995, elle partage l’affiche avec Billy Crystal dans la comédie romantique Forget Paris réalisée par Billy Crystal.

Après un retrait brutal du métier et une période d’éloignement du cinéma commercial, marquée par une pause de cinq années, Debra Winger revient sur les plateaux de tournage au début des années 2000, participant à des projets divers tels que Big Bad Love (2001) de et avec son mari Arliss Howard, le documentaire Searching for Debra Winger (2002) réalisé par Rosanna Arquette, Radio (2003) de Michael Tollin avec Cuba Gooding Jr. et Ed Harris, la comédie Folles funérailles (2004) de Michael Clancy, ou encore Rachel Getting Married (2008), réalisé par Jonathan Demme. En dehors de ses rôles de fiction, sa trajectoire personnelle et professionnelle a inspiré le documentaire Searching for Debra Winger (2002) à Rosanna Arquette. Documentaire qui explore les questions de carrière, d’âge et de représentation des actrices à Hollywood.

Après une décennie plus discrète à l’écran, Debra Winger revient dans des projets télévisuels marquants et des films indépendants, témoignant de la diversité de sa carrière. Parmi ces œuvres figurent Lola Versus (2012) de Daryl Wein avec Greta Gerwig et Bill Pullman, Le Virtuose (2014) de François Girard avec Dustin Hoffman et Kathy Bates, The Lovers (2017) de Azazel Jacobs, ou encore Kajillionaire (2020) de Miranda July. Parallèlement à sa carrière cinématographique, au cours des années 2010 et 2020, l’actrice apparaît dans un nombre croissant de séries télévisées et de films pour la télévision. On peut notamment citer The Ranch (série, 2016‑2020) et Mr. Corman (série, 2021).

Globalement, l’œuvre de Debra Winger se caractérise par une quête constante de profondeur émotionnelle et d’authenticité dans ses incarnations, favorisant des personnages féminins nuancés dans un paysage cinématographique principalement dominé par des figures masculines. Son influence perdure tant par la qualité de son jeu que par l’exemple qu’elle a donné de résistance artistique et de choix de carrière souvent en marge des conventions de l’industrie.

Steve Le Nedelec

Festival de la Cinémathèque : Sans la connaissance de notre passé, notre futur n’a aucun avenir. C’est pourquoi le passé est un présent pour demain.

Le Festival de la Cinémathèque (ex « Toute la mémoire du monde »), le Festival international du film restauré fête ses 13 ans avec une riche sélection de restaurations prestigieuses accompagnées d’un impressionnant programme de rencontres, de ciné-concerts et de conférences.

Moment privilégié de réflexion, d’échange et de partage qui met l’accent sur les grandes questions techniques et éthiques qui préoccupent cinémathèques, archives et laboratoires techniques mais aussi, bien évidemment (on l’espère encore !), éditeurs, distributeurs, exploitants et cinéphiles, le Festival de la Cinémathèque, né dans le contexte de basculement du cinéma dans l’ère du numérique, propose une fois de plus, cette année encore, une programmation exceptionnelle en donnant à voir aux spectateurs les chefs d’œuvre comme les œuvres moins connues (curiosités, raretés et autres incunables) du patrimoine du cinéma. Avec toujours un élargissement « Hors les murs » dans différentes salles partenaires de la manifestation à Paris et banlieue parisienne, puis, dans la continuité du festival francilien, en partenariat avec l’ADRC (Agence nationale pour le développement du cinéma en régions), plusieurs films qui tourneront après le festival dans des cinémas en régions, pour sa treizième édition, le Festival International du film restauré, renommé depuis l’année dernière « Festival de la Cinémathèque », s’affirme comme étant l’immanquable rendez-vous dédié à la célébration et à la découverte du patrimoine cinématographique mondial.

Créé par La Cinémathèque française en partenariat avec le Fonds Culturel Franco-Américain et Kodak, et avec le soutien de ses partenaires institutionnels et les ayants droit essentiels aux questions de patrimoine, ce festival est incontournable pour les cinéphiles passionnés, les amoureux du patrimoine cinématographique, les archivistes, les historiens, les chercheurs et autres curieux. Riche et foisonnante, la programmation du festival nous propose un panorama très éclectique des plus belles restaurations réalisées à travers le monde et salue ainsi non seulement le travail quotidien des équipes des différentes institutions, mais nous fait également prendre toute la mesure de la richesse incommensurable de cet Art qui n’a de cesse de témoigner tout en se réinventant tout le temps.

Cinq jours durant, dans 12 cinémas (La Cinémathèque française, La Filmothèque du Quartier Latin, Le Christine Cinéma Club, Ecoles Cinéma Club, La Fondation Jérôme Seydoux – Pathé, Le Reflet Médicis, Le Grand Action, L’Archipel, L’Alcazar, Le Vincennes, Le Centre Wallonie-Bruxelles et la plateforme VOD HENRI) le Festival de la Cinémathèque propose cette année encore, près d’une centaine de séances de films rares et/ou restaurés présentés par de nombreux invités et répartis en différentes sections pour célébrer le cinéma de patrimoine et fêter en beauté son treizième anniversaire.

Afin de ne rien manquer de cet évènement, rendez-vous à La Cinémathèque française et dans les salles partenaires du festival du 11 au 15 mars.