John Badham 3/3 – Festival de la Cinémathèque, 2026

Section « John Badham » partie 3/3 :

John Badham occupe une place singulière dans l’histoire du cinéma américain contemporain. Contrairement à plusieurs réalisateurs issus du Nouvel Hollywood, son œuvre ne se caractérise pas par une signature stylistique immédiatement identifiable ni par une cohérence thématique explicitement revendiquée. Pourtant, l’analyse approfondie de sa filmographie révèle une remarquable continuité esthétique et idéologique. Réalisateur capable de passer avec aisance d’un genre à l’autre, Badham représente une figure typique du cinéaste professionnel hollywoodien, dont l’identité artistique s’élabore dans le cadre du système industriel plutôt que contre lui. Ses films témoignent d’une double caractéristique : d’une part une attention constante aux transformations sociales et technologiques de l’Amérique contemporaine, d’autre part une volonté de privilégier la lisibilité narrative et l’efficacité dramatique.

Invité du Festival cette année, le réalisateur John Badham sera à l’honneur et présent à la Cinémathèque française pour rencontrer et parler cinéma avec son public. Avec six films du cinéaste à (re)découvrir sur grand écran et une carte blanche donné au réalisateur qui comprend trois films incontournables de l’histoire du cinéma, la Section « John Badham » propose un hommage au cinéaste hollywoodien John Badham, auteur de quelques-uns des plus grands succès des années 70 et 80.

Parfait représentant d’une transition historique dans l’industrie cinématographique américaine, John Badham est un cinéaste important dont la carrière illustre plusieurs transformations majeures comme le passage de la télévision au cinéma, l’émergence d’une culture urbaine populaire et l’évolution du film populaire dans les années 1970-1980, ou encore l’apparition croissante de l’informatique et des thèmes technologiques dans la culture cinématographique des années 1980. Témoignage précieux de l’évolution du cinéma populaire américain, avec son œuvre, Badham occupe ainsi une place significative dans l’histoire du cinéma populaire américain.

Carte blanche à John Badham :

Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street, 2013) de Martin Scorsese – 165 min – Avec Leonardo DiCaprio, Jonah Hill, Margot Robbie… L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

Chronique d’une ascension dopée à l’argent et à l’impunité, Le Loup de Wall Street transforme l’excès en moteur critique. Scorsese filme la finance comme une orgie sans morale, portée par l’énergie vertigineuse de Leonardo DiCaprio. Une satire frénétique, drôle et profondément corrosive. Séance présentée par John Badham. http://www.kinoscript.com/le-loup-de-wall-street-martin-scorsese/

No Country for Old Men (2007) de Joel et Ethan Coen, d’après le roman No Country for Old Men de Cormac McCarthy – 122 min – Avec Tommy Lee Jones, Javier Bardem, Josh Brolin… A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu’il découvre à l’intérieur du véhicule, il n’a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer… Moss a déclenché une réaction en chaîne d’une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir…

D’après Cormac McCarthy : les frères Coen taillent à vif son thriller, hanté par la fin d’un monde, qui voit une Amérique vidée de repères livrée au hasard et à la violence brute. En figure de mort mécanique, Javier Bardem incarne un mal sans visage, indifférent aux hommes et au temps. Séance présentée par John Badham.

Once Upon a Time… in Hollywood (2019) de Quentin Tarantino – 159 min – Avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie… En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus.

Avec une douceur trompeuse, Tarantino capte l’agonie du Hollywood des années 60, au moment où le cinéma classique vacille. Avec en toile de fond le destin tragique de Sharon Tate, il célèbre les perdants magnifiques et métamorphose la nostalgie en geste politique. Une rêverie pop, un conte vénéneux, qui préfère la mélancolie au choc frontal avant de tordre l’Histoire. Séance présentée par John Badham.

Steve Le Nedelec

Festival de la Cinémathèque : Sans la connaissance de notre passé, notre futur n’a aucun avenir. C’est pourquoi le passé est un présent pour demain.

Le Festival de la Cinémathèque (ex « Toute la mémoire du monde »), le Festival international du film restauré fête ses 13 ans avec une riche sélection de restaurations prestigieuses accompagnées d’un impressionnant programme de rencontres, de ciné-concerts et de conférences.

Moment privilégié de réflexion, d’échange et de partage qui met l’accent sur les grandes questions techniques et éthiques qui préoccupent cinémathèques, archives et laboratoires techniques mais aussi, bien évidemment (on l’espère encore !), éditeurs, distributeurs, exploitants et cinéphiles, le Festival de la Cinémathèque, né dans le contexte de basculement du cinéma dans l’ère du numérique, propose une fois de plus, cette année encore, une programmation exceptionnelle en donnant à voir aux spectateurs les chefs d’œuvre comme les œuvres moins connues (curiosités, raretés et autres incunables) du patrimoine du cinéma. Avec toujours un élargissement « Hors les murs » dans différentes salles partenaires de la manifestation à Paris et banlieue parisienne, puis, dans la continuité du festival francilien, en partenariat avec l’ADRC (Agence nationale pour le développement du cinéma en régions), plusieurs films qui tourneront après le festival dans des cinémas en régions, pour sa treizième édition, le Festival International du film restauré, renommé depuis l’année dernière « Festival de la Cinémathèque », s’affirme comme étant l’immanquable rendez-vous dédié à la célébration et à la découverte du patrimoine cinématographique mondial.

Créé par La Cinémathèque française en partenariat avec le Fonds Culturel Franco-Américain et Kodak, et avec le soutien de ses partenaires institutionnels et les ayants droit essentiels aux questions de patrimoine, ce festival est incontournable pour les cinéphiles passionnés, les amoureux du patrimoine cinématographique, les archivistes, les historiens, les chercheurs et autres curieux. Riche et foisonnante, la programmation du festival nous propose un panorama très éclectique des plus belles restaurations réalisées à travers le monde et salue ainsi non seulement le travail quotidien des équipes des différentes institutions, mais nous fait également prendre toute la mesure de la richesse incommensurable de cet Art qui n’a de cesse de témoigner tout en se réinventant tout le temps.

Cinq jours durant, dans 12 cinémas (La Cinémathèque française, La Filmothèque du Quartier Latin, Le Christine Cinéma Club, Ecoles Cinéma Club, La Fondation Jérôme Seydoux – Pathé, Le Reflet Médicis, Le Grand Action, L’Archipel, L’Alcazar, Le Vincennes, Le Centre Wallonie-Bruxelles et la plateforme VOD HENRI) le Festival de la Cinémathèque propose cette année encore, près d’une centaine de séances de films rares et/ou restaurés présentés par de nombreux invités et répartis en différentes sections pour célébrer le cinéma de patrimoine et fêter en beauté son treizième anniversaire.

Afin de ne rien manquer de cet évènement, rendez-vous à La Cinémathèque française et dans les salles partenaires du festival du 11 au 15 mars.