Debra Winger 2/2 – Festival de la Cinémathèque, 2026

Section « Debra Winger» partie 2/2 :

Invitée du Festival cette année, l’actrice américaine Debra Winger, incarnation féministe du star system hollywoodien, sera à l’honneur et présente à la Cinémathèque française pour rencontrer et parler cinéma avec son public. Avec six films de l’actrice à (re)découvrir sur grand écran et pas moins de deux « dialogues » en sa compagnie, la Section « Debra Winger » propose un hommage à l’actrice qui, face aux plus grands, a su s’imposer sur les écrans du cinéma américain des années 1980.

Les Films :

Chacun sa chance (Everybody Wins, 1990) de Karel Reisz – 97 min – Avec Debra Winger, Nick Nolte, Will Patton… Angela Crispini engage le détective privé Tom O’Toole pour enquêter sur la mort d’un de ses amis, soi-disant tué par son propre neveu. Tom constate que l’investigation a été bâclée et trop rapidement classée, de plus le comportement d’Angela est très étrange car elle se montre nerveuse et dit une chose puis son contraire bien trop fréquemment…

Une erreur judiciaire, une femme qui tente de faire la lumière sur le meurtre d’un notable, et un détective-justicier désabusé. L’intrigue suit Tom O’Toole, détective privé sans grand succès, engagé par une femme mystérieuse pour enquêter sur un meurtre dont elle affirme connaître l’innocent condamné. Au fil de son investigation, l’affaire se révèle plus complexe qu’il n’y paraît, mêlant manipulation, désir et zones d’ombre morales. À partir d’un scénario du dramaturge Arthur Miller (30 ans après The Misfits), Karel Reisz signe un polar provincial efficace, sur la corruption d’une petite ville américaine, à l’atmosphère trouble et vénéneuse. Son dernier film.

Porté par les interprétations de Nick Nolte et Debra Winger, Chacun sa chance s’inscrit dans la tradition du néo-noir américain de la fin du XXᵉ siècle. Le film combine suspense et étude psychologique, explorant l’ambiguïté des motivations humaines et les illusions qui entourent la quête de vérité. Séance présentée par Debra Winger.

Officier et gentleman (An Officer and a Gentleman, 1981) de Taylor Hackford – 124 min – Avec Richard Gere, Debra Winger, Louis Gossett Jr., David Keith… Zack Mayo s’engage dans la marine dans le but de changer de vie. Il est d’abord confronté au sergent Foley, puis rencontre Paula…

Sur fond de réalisme social et de romance fiévreuse, Taylor Hackford suit le parcours d’un apprenti officier décidé à se hisser au-delà de ses origines modestes. Le film suit Zack Mayo, un jeune homme déterminé à devenir officier de l’aviation navale américaine, qui doit affronter la rigueur extrême d’un centre de formation militaire ainsi que ses propres fragilités personnelles. Au cours de cet apprentissage exigeant, il rencontre Paula Pokrifki, une ouvrière d’usine avec laquelle se noue une relation sentimentale qui bouleverse sa vision de lui-même et de son avenir. À travers cette histoire d’amour et de dépassement de soi, le film explore les thèmes de la discipline, de l’ambition sociale et de la rédemption. Porté par les interprétations de Richard Gere, Debra Winger et Louis Gossett Jr., Officier et gentleman fut un grand succès critique et public. La performance de Gossett Jr. lui valut l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle, tandis que le film demeure l’un des mélodrames romantiques emblématiques du cinéma américain des années 1980. Quête intime d’un homme cabossé par la vie, Officier et gentleman fait la part belle à un duo de jeunes premiers, Richard Gere et Debra Winger, en parfaite alchimie à l’écran, jusqu’à la dernière scène, iconique. Séance présentée par Debra Winger.

Searching for Debra Winger (2001) de Rosanna Arquette – 100 min – Documentaire avec Debra Winger, Patricia Arquette, Emmanuelle Béart, Laura Dern, Jane Fonda, Teri Garr… Pour ce documentaire, Rosanna Arquette a réuni une liste impressionnante d’actrices célèbres du monde entier. Des femmes qui parlent avec honnêteté de leur parcours personnel, de leur vie privée, de leur carrière, de leur famille et des pressions inhérentes à leur travail de comédienne.

Au sommet de sa carrière, Debra Winger se retire brusquement de l’industrie du cinéma. Le film s’inspire de l’éloignement temporaire d’Hollywood de Debra Winger, figure majeure du cinéma américain des années 1980, pour interroger plus largement la place des femmes dans l’industrie cinématographique. À travers une série d’entretiens avec de nombreuses actrices, parmi lesquelles Jane Fonda, Sharon Stone, Whoopi Goldberg, Susan Sarandon ou Meg Ryan, le film explore les défis auxquels elles sont confrontées : pression de l’âge, rôles stéréotypés, inégalités salariales et difficultés à maintenir une carrière durable à Hollywood. Alternant témoignages personnels et réflexion critique, Searching for Debra Winger constitue à la fois un portrait collectif d’actrices et une analyse du fonctionnement de l’industrie du cinéma américain, révélant les mécanismes souvent invisibles qui conditionnent la représentation et la carrière des femmes à l’écran. De l’enquête personnelle au portrait collectif, Rosanna Arquette interroge la disparition médiatique de l’actrice dans un documentaire hybride sur la place des femmes à Hollywood. Un cri lucide, solidaire, qui révèle l’envers du glamour.

Tendres Passions (Terms of Endearment, 1983) de James L. Brooks, d’après le roman Terms of Endearment de Larry McMurtry – 132 min – Avec Shirley MacLaine, Debra Winger, Jack Nicholson… Aurora a élevé seule sa fille Emma, excluant tout homme de sa vie. Pourtant, Emma quitte à la première occasion cette mère abusive. Seule, Aurora rencontre alors Garret, qui est un ancien cosmonaute désormais alcoolique… Des liens entre ces deux personnes prennent forme.

Chronique familiale drôle, cruelle et bouleversante, Tendres Passions détricote le lien orageux mais indestructible entre une mère et sa fille (le duo Shirley MacLaine et Debra Winger) avec une écriture ciselée et des personnages désarmants d’humanité. À travers ce portrait de deux femmes aux tempéraments opposés mais liées par un attachement indéfectible, Tendres Passions explore avec sensibilité les thèmes de l’amour familial, du passage du temps, des désillusions et de la fragilité de l’existence. Porté par les interprétations de Shirley MacLaine, Debra Winger et Jack Nicholson, le film fut un immense succès critique et public. Un classique hollywoodien sur les failles de l’intimité, récompensé par cinq Oscars, dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur, de la Meilleure actrice pour Shirley MacLaine, et du Meilleur acteur dans un second rôle pour Jack Nicholson, consacrant ainsi l’une des grandes œuvres mélodramatiques du cinéma américain des années 1980.

« Je fais confiance à ce qui arrive à mon visage. Je n’y réfléchis pas. J’ai un truc avec la caméra. Quand elle tourne, quelque chose se passe. Je l’ai découvert lors de mon premier bout d’essai. Je suppliais qu’on me fasse passer des bouts d’essai, j’étais la seule actrice à Hollywood qui disait : « S’il vous plaît, faites-moi passer un test, ne me faites pas lire dans une salle, envoyez-moi juste là-bas, vous savez, devant la caméra. » » Debra Winger. Séance présentée par et suivie d’un dialogue avec Debra Winger.

Un Thé au Sahara (The Sheltering Sky, 1990) de Bernardo Bertolucci, d’après le roman Un thé au Sahara de Paul Bowles – 138 min – Avec Debra Winger, John Malkovich, Jill Bennett, Campbell Scott, Timothy Spall, Tom Novembre… En 1947 un jeune couple d’Américains, Port Moresby et Kit, partent pour l’Afrique à la recherche de leur amour que la civilisation d’après-guerre perturbe dans l’espoir de raviver leur relation et de donner un sens nouveau à leur existence. Pour Bertolucci le livre de Bowles « raconte une belle histoire d’amour, une histoire d’amour banale entre deux personnes très compliquées qui s’adorent mais ne peuvent pas trouver le bonheur ensemble ».

Au fil de leur périple, l’immensité du désert devient le théâtre d’une exploration intérieure où se mêlent fascination pour l’ailleurs, désorientation culturelle et crise intime. La confrontation avec un monde radicalement différent met à l’épreuve leur identité, leur amour et leur rapport à la solitude. Le périple halluciné d’un couple abîmé, du film d’aventures à l’exploration intime. Musique obsédante, reconstitution soignée et exotisme forment un mélodrame sur l’ivresse de l’étranger, qui métamorphose la solitude à deux en grand spectacle. Face à la touchante Debra Winger, Malkovich livre une prestation fascinante, mâtinée de mystère et de séduction. Porté par les interprétations de Debra Winger et John Malkovich, Un Thé au Sahara se distingue par son ampleur visuelle et sa dimension « méditative ». Fidèle à l’esthétique contemplative de Bertolucci, le film associe paysages spectaculaires, réflexion existentielle et atmosphère envoûtante pour offrir une œuvre marquée par la quête spirituelle et le vertige de l’exil.

« Je pense que le voyage pour réaliser ce film, et la vie qui l’entourait, m’ont profondément nourrie, mais ce fut un work in progress… Un thé au Sahara est un beau rappel de la dureté que peut engendrer un voyage ; mais si l’on fuit cette épreuve, on n’arrive nulle part. » Debra Winger. Séance présentée par et suivie d’un dialogue avec Debra Winger.

La Veuve noire (Black Widow, 1987) de Bob Rafelson – 102 min – Avec Debra Winger, Theresa Russell, Dennis Hopper, Sami Frey… Sam Petersen, industriel new-yorkais, meurt d’un arrêt respiratoire, léguant sa fortune a son épouse, Catharine. Quelques semaines plus tard, c’est au tour d’un riche fabriquant de jouets, qui laisse à sa jolie femme Marielle une coquette fortune. A Seattle, une jeune anthropologue, Margaret Dodd, fait une entrée remarquée au conseil d’administration du muséum et séduit le directeur. Cependant Alexandra Barnes, agent fédéral, découvre de troublantes similitudes dans la mort des deux industriels et s’aperçoit que Catharine, Marielle et Margaret ne font qu’une.

Une agente fédérale spécialisée dans les crimes financiers, Alexandra Barnes, enquête sur la mort suspecte et rapprochée de trois riches industriels, qui ont légué leur fortune à la même femme. Déterminée à démasquer cette criminelle insaisissable, Alexandra suit la piste de la séduisante et énigmatique Catharine Petersen. Entre les deux femmes s’installe alors un jeu de poursuite et de manipulation où se mêlent intelligence, fascination et rivalité. Porté par les interprétations de Debra Winger et Theresa Russell, La Veuve noire s’inscrit dans la tradition du thriller psychologique des années 1980. Le film se distingue par son duel féminin central et par la tension dramatique qui naît de la confrontation entre la rationalité de l’enquêtrice et la duplicité de la meurtrière. Sur fond d’investigation policière, Rafelson compose un jeu du chat et de la souris entre deux égéries des années 80, la blonde Theresa Russell et la brune Debra Winger. Fait d’esquives, d’érotisme soft et de stratagèmes inventifs, leur affrontement s’accorde avec la mise en scène élégante, où le cinéaste multiplie les rebondissements dans une Floride de carte postale. Séance présentée par Debra Winger.

Steve Le Nedelec

Festival de la Cinémathèque : Sans la connaissance de notre passé, notre futur n’a aucun avenir. C’est pourquoi le passé est un présent pour demain.

Le Festival de la Cinémathèque (ex « Toute la mémoire du monde »), le Festival international du film restauré fête ses 13 ans avec une riche sélection de restaurations prestigieuses accompagnées d’un impressionnant programme de rencontres, de ciné-concerts et de conférences.

Moment privilégié de réflexion, d’échange et de partage qui met l’accent sur les grandes questions techniques et éthiques qui préoccupent cinémathèques, archives et laboratoires techniques mais aussi, bien évidemment (on l’espère encore !), éditeurs, distributeurs, exploitants et cinéphiles, le Festival de la Cinémathèque, né dans le contexte de basculement du cinéma dans l’ère du numérique, propose une fois de plus, cette année encore, une programmation exceptionnelle en donnant à voir aux spectateurs les chefs d’œuvre comme les œuvres moins connues (curiosités, raretés et autres incunables) du patrimoine du cinéma. Avec toujours un élargissement « Hors les murs » dans différentes salles partenaires de la manifestation à Paris et banlieue parisienne, puis, dans la continuité du festival francilien, en partenariat avec l’ADRC (Agence nationale pour le développement du cinéma en régions), plusieurs films qui tourneront après le festival dans des cinémas en régions, pour sa treizième édition, le Festival International du film restauré, renommé depuis l’année dernière « Festival de la Cinémathèque », s’affirme comme étant l’immanquable rendez-vous dédié à la célébration et à la découverte du patrimoine cinématographique mondial.

Créé par La Cinémathèque française en partenariat avec le Fonds Culturel Franco-Américain et Kodak, et avec le soutien de ses partenaires institutionnels et les ayants droit essentiels aux questions de patrimoine, ce festival est incontournable pour les cinéphiles passionnés, les amoureux du patrimoine cinématographique, les archivistes, les historiens, les chercheurs et autres curieux. Riche et foisonnante, la programmation du festival nous propose un panorama très éclectique des plus belles restaurations réalisées à travers le monde et salue ainsi non seulement le travail quotidien des équipes des différentes institutions, mais nous fait également prendre toute la mesure de la richesse incommensurable de cet Art qui n’a de cesse de témoigner tout en se réinventant tout le temps.

Cinq jours durant, dans 12 cinémas (La Cinémathèque française, La Filmothèque du Quartier Latin, Le Christine Cinéma Club, Ecoles Cinéma Club, La Fondation Jérôme Seydoux – Pathé, Le Reflet Médicis, Le Grand Action, L’Archipel, L’Alcazar, Le Vincennes, Le Centre Wallonie-Bruxelles et la plateforme VOD HENRI) le Festival de la Cinémathèque propose cette année encore, près d’une centaine de séances de films rares et/ou restaurés présentés par de nombreux invités et répartis en différentes sections pour célébrer le cinéma de patrimoine et fêter en beauté son treizième anniversaire.

Afin de ne rien manquer de cet évènement, rendez-vous à La Cinémathèque française et dans les salles partenaires du festival du 11 au 15 mars.